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UPC/Formes d’engagement et démocratie participative

Université participative de la connaissance Désirs d’Avenir

(coordination DA Paris / DA Poitou Charentes)

 du 11 mai au 20 juin 2009

(avec publication sur site DA national)

«Nouvelles formes d’engagement et démocratie participative»

UPC/Formes d'engagement et démocratie participative dans Congres Utile 31 da2009

« Pour aller de l’avant, il faut parfois en revenir aux sources. Comme le dit un philosophe français, Jacques Rancière, il est temps de rendre au mot démocratie « sa puissance de scandale » et de se souvenir qu’elle signifie d’abord le droit égal de « ceux qui n’ont pas de titre à gouverner » à s’occuper des affaires communes. Il est temps de réaffirmer la compétence légitime des citoyens ordinaires, ce pouvoir des « n’importe qui » toujours dénié par les élites auto-proclamées » Ségolène Royal

Le monde change. Les citoyens et les militants aussi.

On ne s’engage pas moins mais on s’engage différemment.

Ce n’est pas « la fin des militants » mais, au travail comme dans toute la société, localement comme à l’échelle de la planète, de nouvelles aspirations s’affirment, de nouveaux sujets émergent et l’on ne regarde plus tout à fait comme avant d’anciens sujets toujours actuels.

Ces mutations impactent les organisations héritières d’un long passé et s’expriment dans les profils de mouvements plus récents.

Les relations entre l’individuel et le collectif, le privé et le public, le désir d’égalité et la soif de reconnaissance, le souci de soi et le souci des autres évoluent, bousculent nos certitudes et interrogent nos pratiques.

Certains s’en alarment, déplorateurs nostalgiques de ce qui n’est plus, contempteurs expéditifs du « repli égoïste » et du « délitement du politique » ; ils n’offrent guère de clefs pour agir aujourd’hui.

D’autres, à l’inverse, parent sans recul le neuf et le « post-moderne » de toutes les vertus ; ils ne nous aident pas davantage à comprendre la complexité et les contradictions des formes contemporaines de mobilisation et de démobilisation.

Le parti-pris de Désirs d’Avenir est de regarder les choses en face pour redonner à l’action politique du sens, de la légitimité et de l’efficacité.

Avec lucidité car il ne sert à rien de se payer de mots ou de stigmatiser celles et ceux qui se détournent de façons de penser, de dire et de faire qui ne les convainquent plus : mieux vaut se demander pourquoi et en tirer d’utiles leçons. Avec curiosité car nous avons choisi de militer à l’écoute de notre temps pour donner forme et force à de nouveaux possibles.

Au coeur de notre démarche, il y a l’appel à l’intelligence collective des citoyens et des militants.

Il y a la volonté d’opposer au sentiment d’impuissance qu’attisent les désordres du monde ce que les Anglo-saxons appellent des démarches d« empowerment » (littéralement : d’enpouvoirisation), qui permettent aux écartés en tous genres des décisions et des politiques publiques de dire leur mot et de peser.

Il y a la conviction que, si la politique réclame son lot d’abnégations, le bonheur de s’engager ensemble et la fraternité scellée par une espérance capable de déverrouiller l’avenir doivent l’emporter sur le couple pervers du cynisme et de la résignation.

Voilà pourquoi la première de nos Universités Participatives de la Connaissance est consacrée à la vaste question des raisons et des façons de s’engager de nos jours, comme citoyen et comme militant. De l’un à l’autre, nous n’établissons d’ailleurs pas de frontière étanche. Et nous observons avec amusement combien la campagne d’Obama a disqualifié la fausse opposition entre « parti de supporters » et « parti de militants », cet alibi des appareils dont le pouvoir d’empêchement l’emporte sur le pouvoir d’impulsion.

Ce que nous avons amorcé avec Ségolène Royal durant la campagne présidentielle et poursuivi depuis, nous voulons l’approfondir, l’enrichir, le renforcer, l’optimiser pour pouvoir, le jour venu, battre la droite sarkozyenne.

Du Brésil de Lula aux Etats-Unis d’Obama, du Forum social de Belem aux collectifs militants, anciens et nouveaux, qui font bouger les lignes et les rapports de forces, des formes de mobilisation et de participation, variées et soucieuses d’efficacité, ébauchent une nouvelle culture politique.

La crise globale qui secoue le monde démonétise les fausses valeurs du profit court termiste et de la lutte de tous contre tous. Beaucoup, aujourd’hui, sentent le besoin d’opposer au modèle failli issu de la révolution conservatrice un « autre paradigme » qui remette les choses à leur juste place, la finance au service de l’économie et l’économie au service du développement et de l’épanouissement humains.

D’autres objectifs et d’autres méthodes, voilà l’urgence.

L’élaboration collective de ce modèle alternatif est notre raison d’être, en relation étroite et permanente avec ces citoyens qui ont bien plus à apporter que simplement la désignation périodique de leurs représentants : leur expérience, leurs savoirs, leurs désirs, leur capacité à prendre part aux décisions, leur vigilance.

C’est tout l’enjeu de cette démocratie participative qui est, pour nous, tout autre chose qu’une simple « démocratie de proximité » ou que ces simulacres de consultation sans portée opérationnelle dont les citoyens ne sont pas dupes. C’est tout l’enjeu d’engagements capables d’associer principe de plaisir et principe de réalité, initiative individuelle et discipline dans l’action, fermeté des convictions et écoute des raisons de l’autre.

C’est tout l’enjeu, aussi, du bon usage des outils d’aujourd’hui – Internet en tête – dont nous voulons exploiter à fond le potentiel de mise en relation, de discussion, de délibération, de mobilisation et d’organisation.

Voilà pourquoi nous commençons nos Université participatives de la connaissance par un débat sur les nouvelles formes d’engagement militant et la démocratie participative.

Pour le lancer, voici quelques questions en vrac dont la liste, à ce stade, n’est pas exhaustive et que vous enrichirez certainement de nombreuses autres.

Quels sont, de nos jours, les obstacles (sociaux et politiques, matériels et culturels, du côté de « l’offre » comme du côté de « la demande ») qui dissuadent de s’intéresser aux affaires communes et de s’engager ou alimentent les déceptions de ceux qui ont franchi le pas ? Quels sont, à l’inverse, les moteurs et les ressorts d’une implication civique et militante, ceux qui donnent envie et confirment, sur la durée, que ça vaut le coup ?

Que comprendre, sans préjugé passéiste ou inutilement moralisateur, des formes intermittentes de l’engagement et du « militantisme à la carte » ? Comment faire un atout d’une pluralité militante respectueuse de l’autonomie des individus et de la variété de leurs choix ? Quelles articulations optimales entre militantismes ciblés et polyvalents ? Les réseaux sont-ils la panacée ?

Quels types d’organisation et de fonctionnement au sein des collectifs militants (partis, associations, syndicats…) ou dans les dispositifs plus larges de participation citoyenne échappent le mieux à la reproduction des « biais sociologiques » qui y importent, même involontairement, les hiérarchies sociales et culturelles, les inégalités d’accès à la parole et cela même que nous refusons : la suffisance des « sachants » opposée à « l’ignorance » populaire ?

Comment, dans un parti ou un mouvement, abaisser les barrières d’entrée, symboliques et financières (dont le montant des cotisations est un aspect mais pas le seul), et rompre avec les logiques malthusiennes de l’entre soi ?

A quelles conditions (politiques, méthodologiques, procédurales) la promesse de la démocratie participative est-elle réellement tenue pour tous ? Quelles leçons tirer des expériences françaises et internationales ? Quelle évaluation comparative de dispositifs aussi différents que, d’un côté, les conseils de quartier, les conseils de jeunes ou d’anciens, les formes « soft » de consultation locale ou nationale et, de l’autre côté, les budgets participatifs, les jurys citoyens, les référendum d’initiative populaire, les assemblées participatives électroniques et autres « towns meetings » popularisés outre-Atlantique ? Quelle pertinence respective, quelles limites avérées, quelles dérives possibles ?

Comment, en même temps, ne pas plaquer sur nos concitoyens un « idéal participatif » naïf parce que déconnecté des réalités sociales, privilège de ceux qui ont le temps et se satisfont de « participer pour participer » alors que la plupart des gens ont d’autres soucis et d’autres choses à faire ? Comment faire de chaque dispositif ou moment participatif un temps vécu comme utile car débouchant sur des conséquences mesurables et correspondant à une reconnaissance non pas formelle mais réellement respectueuse de l’apport des citoyens ?

Comment permettre à tous de suivre les décisions prises en leur nom ou avec eux et d’en contrôler l’application ? Faut-il, au-delà des outils existants, inventer d’autres manières de rendre des comptes ? Comment mieux assurer la transparence et la traçabilité des décisions ? Le site créé dans cette perspective par la Maison Blanche (recovery.gov) ouvre-t-il des pistes inédites ?

En quoi les dispositifs authentiquement participatifs font-ils (un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout…) avancer, en même temps que la démocratisation de la démocratie, la justice sociale et sa part nécessaire de redistributions bien comprises ?

Comment tirer tout le parti démocratique et militant possible des technologies actuelles de communication (Internet de l’e-mailing aux réseaux sociaux, vidéos, SMS, etc.) pour lier solidement le « on line » et le « off line », le Web et le terrain ? En prenant appui sur l’aisance virtuelle des jeunes générations mais sans oublier que la fracture numérique en barre encore l’accès à beaucoup.

Comment multiplier et fédérer de manière à la fois attractive, souple et méthodique, ces contacts multiples dont, hors périodes de campagne, nous ne prenons pas toujours assez soin ?

Comment faire d’un parti un véritable « intellectuel collectif » qui croit à la force et au partage des idées pour orienter son action ? Comment reprendre l’initiative idéologique et assumer, sans sectarisme ni réflexes pavloviens, la bataille d’idées qui est une des conditions de la victoire en 2012 ?

Comment, sur une question apparemment aussi basique que le porte-à-porte mais en réalité très révélatrice, interroger nos pratiques traditionnelles à la lumière de notre propre expérience et de la façon dont, durant sa campagne, l’équipe d’Obama en a renouvelé et systématisé la démarche ?

Dans votre expérience quotidienne sur le terrain, dans vos milieux de vie et de travail, dans vos associations, vos syndicats, au parti socialiste ou ailleurs, qu’est-ce qui vous semble définitivement dépassé ou, au contraire, le plus prometteur dans les manières de tisser des liens avec ses concitoyens, de militer, de diriger ?

Comment faire avec ce paradoxe d’une crise globale qui manifeste à quel point il est coûteux de s’en remettre aux arrogantes certitudes de quelques uns mais qui risque aussi, sur fond d’anxiété sociale, d’attiser des tentations autoritaires ? Comment, par gros temps, articuler de manière probante une démocratie plus hardiment participative et la nécessité d’un leadership fort qui trace le cap, se donne les moyens d’obtenir des résultats et, ce faisant, rassure et mérite la confiance ? Comment ne pas se contenter de dénoncer ces manières verticales de gouverner, sourdes aux difficultés du plus grand nombre, qui surjouent la force à défaut de régler les problèmes ? Comment, surtout, administrer la preuve que « partager les décisions pour prendre les bonnes » n’amoindrit pas la responsabilité politique mais la renforce et garantit mieux que l’efficacité soit au rendez-vous ?

Pour éclairer quelques dimensions du débat que nous lançons pour cette première Université participative de la connaissance, nous avons mis en ligne diverses ressources documentaires : une bibliographie indicative, des liens utiles, des notes et fiches de lecture, des interviews, des éléments juridiques et des discours de Ségolène Royal. Nous les compléterons, chemin faisant, avec votre aide.

L’objectif n’est pas de vous assommer de kilos de textes mais de permettre à celles et ceux qui le veulent de se renseigner plus avant ou de butiner avec quelques repères.

Et maintenant, c’est à vous !

Contact de l’équipe opérationnelle des Universités Participatives de la Connaissance : Pascal LOMBARDO

Diaporama interessant..Premières Synthéses !

Diaporama interessant..Premières Synthéses ! dans Congres Utile 31 065 Congrès utile et serein 31 propose un diaporama très interessant sur les premières synthéses, en vue de la préparation de la contribution socialiste…A voir et à déguster, sans modération ici…et celà peut servir pour vos débats, échanges.

Un grand merci à Congrès utile et serein 31 !


Ségolène

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